Iznik Ultra 60K - Récit de course

dimanche 22 avril 2012 17h00   Focus sur une course Récit de course

Le week-end du 14 avril 2012, j’ai été invité à participer à la première édition d’une magnifique course : L’Iznik Ultra, au sud d’Istanbul en Turquie. Il y a quelques mois Caner Odabaşoğlu son créateur nous la décrivait dans son interview. J’ai donc eu le plaisir de la découvrir par moi-même.

Comment y aller

mapIl faut d’abord rejoindre Istanbul, puis direction le Port pour prendre un ferry direction Yalova, de l’autre coté de la mer de Marmara. La traversée ne dure qu’1h30. De là, une ligne de bus permet de rejoindre Iznik en une heure. Le trajet est agréable.

Il est aussi possible de louer une voiture et de passer par Izmit, mais une bonne partie du trajet se fait alors dans la banlieue industrielle d’Istanbul et n’offre pas le même charme.

L’événement

La course principale est un ultra de 126 km, qui fait le tour du lac d’Iznik. Pour ma part, j’ai participé à la course de 60 premiers kilomètres qui emprunte les 60 km les plus vallonnés du tour complet.
Le lendemain, une course de 10 km a été également organisée pour permettre aux habitants d’Iznik qui n’ont pas encore l’habitude des courses d’endurance de participer à la fête. Une centaine de participants étaient inscrits pour cette première édition sur les deux distances les plus longues.

Avant la course

Le QG de la course est installé sur les bords du lac, dans un bâtiment prêté par la mairie. C’est là que se trouve le bureau d’enregistrement des coureurs.
C’est le momment de faire vérifier le contenu de son sac et de récupérer son dossard.
Une toute petite boutique a été judicieusement installée pour permettre aux coureurs d’acheter le matériel qui pourrait leur manquer (lampe frontale, gels, bandages…).

Bien que l’essentiel des participants soit turc, les organisateurs ont fait un effort tout particulier pour accueillir les coureurs étrangers. Il y a toujours un membre de l’équipe parlant anglais pour nous assister et le road-book était également traduit en anglais à notre attention.
Et pourtant nous ne sommes qu’une dizaine, Sud-Africains, Russes, Anglais, Français … à nous être joints aux coureurs turcs pour l’événement.

À partir de 19 heures, une pasta party est organisée sur la plage, une excellente occasion de faire la connaissance des autres concurrents. J’y fais la connaissance de Ian Corless, animateur du podcast Talk Ultra (que je ne peux que vous conseiller) ainsi que de sa charmante compagne Niandi.

La soirée s’est conclue par la projection du film Pathway to Dreams produit par Caner et son ami Emre. Le film retrace leur participation au TDS à Chamonix (Sur les Traces des Ducs de Savoie) l’année dernière.

La course

Rendez-vous à 7h00 sur la place principale d’Iznik. Comparées à la veille, les températures ont bien chuté. Le soleil n’est plus de la partie. Le plafond des nuages est bas et menaçant. Il commence même à pleuvoir un peu lors du briefing. Comme la veille, Caner prend le temps de traduire chaque intervention en anglais.

Peu après 7h30 le départ est lancé. C’est un départ groupé. Les participants des deux courses s’élancent en même temps et nous traversons la ville tous ensemble. Le début des hostilités ne commence qu’une fois la porte Yenisehir au sud de la ville passée.

Les quatre premiers kilomètres sont plats et très faciles. On court sur la route en traversant des champs d’oliviers. C’est une excellente manière de s’échauffer. Il ne pleut plus et il fait maintenant bien trop chaud pour supporter une veste.
Dès que nous traversons le premier village, la pente commence à s’infléchir. Le parcours emprunte alors un sentier qui suit une ravine. Il nous emmène au bout d’une dizaine de kilomètres au village de Derbent où se trouve le premier point de ravitaillement.

Une fois le village franchi, il faut encore grimper un peu pour attendre le chemin de crête que nous allons suivre durant 15 km. La route suffisamment large pour laisser passer un tracteur ou une voiture.

A 700 m d’altitude (600 m au-dessus du lac), la vue est impressionnante. D’un côté, lorsque les nuages se dégagent un peu nous pouvons apercevoir les deux rives du lac d’Iznik, de l’autre une vallée verdoyante et au loin les sommets enneigés du mont Uludağ.

Le parcours est roulant : une succession de petites montées et de descentes au milieu des champs cultivés. Depuis le départ, je cours avec Niandi, ma seule compatriote (qui finira deuxième féminine). Les kilomètres passent toujours plus vite en discutant !

Cette section se termine par la descente vers le village de Süleymaniye (km 28) où se trouve le deuxième ravitaillement (solide et liquide). Dans chaque village traversé, nombreux sont les habitants sur le pas de leur porte, venus nous encourager. Ce doit être la première fois qu’ils voient autant de fous courir sous la pluie !!

Dès la sortie du village, la route s’élève en direction du col qui 2 km plus loin va de nouveau nous faire basculer du côté du lac. Du col, la vue est superbe et l’on voit au loin en contrebas le village de Müşküle(Demirışık) (km 35) que nous devons rejoindre.

Commence alors une longue, très longue descente. Nous descendons de 600m en près de 9 km. Mes jambes commencent à être un peu fatiguées. Je me laisse aller dans la descente et rattrape une demi-douzaine de concurrents. J’ai beau être bien chaud maintenant, cette section fait bien mal aux cuisses.

Mais la traversée du village est fantastique. De nombreux enfants se sont donné le mot pour encourager les coureurs. Ca fait chaud au cœur et permet d’oublier un peu mes cuisses douloureuses. La route continue de descendre vers le lac pendant encore un kilomètre.

La section suivante longe les berges du lac sur une route asphaltée. Nous traversons de nouveau des oliveraies. Il y a peu de trafic et la musique des vagues qui se brisent sur la grève est particulièrement reposante.

C’est tant mieux, parce que très rapidement la route se remet à grimper et à partir du village de Narlica (km 41), nous retrouvons un sentier de terre qui va nous faire de nouveau monter de 600m sur la crête.

Le sentier est très beau, au milieu des oliviers ou des vergers dont les arbres sont en fleur. Mais ça grimpe très fort et la pluie est de retour. Les deux derniers kilomètres d’ascension me semblent très long et avec la pluie, le terrain devient un peu glissant.

Alors que j’avais entamé la côte tout seul, je suis rejoint par un coureur Haluk. Nous sympathisons et comme nous allons à la même allure, nous décidons de terminer la course ensemble. Tout devient alors beaucoup plus facile.

Nous retrouvons le chemin de crête vers le 48ème km. Ca monte toujours, mais c’est beaucoup plus roulant et je peux me remettre à courir. Au 50ème, la descente commence. Encore une petite dizaine de kilomètres et nous serons à Sölöz où se trouve la ligne d’arrivée.

Je termine en 7h32 à la 13ème place, le sourire aux lèvres, heureux d’en avoir terminé et de prendre le bus affrété par l’organisation pour rejoindre Iznik. J’y retrouve mon ami Ian Corless qui a franchi la ligne d’arrivée en vainqueur.

Pour Les coureurs du 126 km, la course continue autour du lac. Mais les principales difficultés sont terminées. Tout le reste du parcours est couru au niveau du lac. En revanche, le temps ne va pas faciliter leur tâche. Il pleut une bonne partie de l’après-midi et toute la nuit ! Les premiers rejoignent Iznik avant minuit. Les derniers arrivent au petit matin…

Iznik Profile

Les résultats

2012 Men 126k podium

126 km Femmes

1 Elena Polyakova 18:51:27
2 Bakiye Duran 21:27:29
3 Muazzez Özçelik 23:10:04

126 km Hommes

1 Mahmut Yavuz 15:41:03
2 Mustafa Kızıltaş 16:31:31
3 Mustafa Poyraz 16:34:49

2012 women 60K podium

60 km Femmes

1 Tuğba Merve Çavdar 7:24:45
2 Niandi Carmont 7:39:50
3 Yasemin Göktaş 7:45:47

60 km Hommes

1 Ian Corless 6:01:35
2 Fırat Kara 6:13:00
3 Serkan Girgin 6:37:28

Après la course

La cérémonie de remise des prix a lieu le dimanche matin, après la course de 10K.
J’ai beau avoir les jambes lourdes, je décide de prendre le départ de la course. L’ambiance est chaleureuse.

Une Organisation parfaite

Un grand chapeau à l’organisation. Le marquage de la course était impeccable. Impossible de se perdre lorsque l’on trouve un ruban tous les 10 à 30 m.
Les points de ravitaillement étaient bien achalandés et bien placés su le parcours.
Enfin, c’est une question que l’on se pose souvent lorsque l’on va courir à l’étranger, tout était fait pour que les coureurs non turcophones ne soient pas perdus : road book en anglais, bénévoles parlant bien l’anglais…

Iznik une ville à découvrir

La ville d’Iznik n’est pas très touristique en cette saison, mais elle est pleine de charme. Avec cette faible affluence, il est d’autant plus agréable de visiter ses différents monuments emblématiques -Théatre antique, Bains, St Sophie, Musée d’Iznik, Musée des céramiques…

Iznik est en effet célèbre pour ces céramiques. Ce sont elles qui ornent entre autre le palais de Topkapi à Istanbul (l’ancienne résidence des Sultans).

Après avoir fait une ballade le long des remparts qui ceinturent la ville sur près de 5 km, de nombreux restaurants sont à votre disposition pour vous reposer et profiter du charme et de la gastronomie turque.

Enfin, une fois la course terminée, une ou deux journées à Istanbul s’imposent pour terminer le voyage en beauté, profiter de Topkapi, des splendeurs de Sainte Sophie ou de la mosquée Bleue et de se perdre dans l’agitation du grand Bazar.

Une course à ajouter à votre calendrier.

C’est le type de course que j’aime. Elle m’a permis de découvrir une partie de la Turquie où je ne serai certainement jamais venu de moi-même. J’y ai rencontré des gens charmants et particulièrement accueillants, mais aussi des compagnons de course attachants.

Bien que ce soit une première édition, l’organisation de la course était irréprochable. Je suis certain qu’elle connaîtra un succès grandissant et je ne peux que vous conseiller d’ajouter cette course à votre calendrier : une excellente occasion de découvrir une Turquie rurale encore préservée.
Merci à Caner et à toute son équipe, ce fut une expérience que je n’oublierai pas !

Si vous désirez plus d’information

Vous avez participé à une course qui vous a particulièrement plu, vous avez envie de partager votre expérience, adressez-nous votre récit de course.